Faire du jardinage éco-responsable : 7 principes à suivre
Pratiquez le jardinage écologique et devenez un.e bon.ne jardinier.e grâce aux 7 principes du jardinage écoresponsable.

Faire du jardinage éco-responsable : 7 principes à suivre

Les temps ont changé, et nous commençons (seulement) à comprendre que nos actes ont un impact considérable sur notre environnement. C’est aussi le cas au jardin ! Comment être un.e bon.ne jardinier.e en 2023 ? Voici 7 principes librement inspirés du livre de John Albers « The Northwest Garden Manifesto: Create, Restore and Maintain a Sustainable Yard« , pour vous aider à faire du jardinage éco-responsable en toute simplicité 🧑‍🌾

Principe 1. Créer, protéger et conserver un sol en bonne santé

Un sol en santé, c’est LA BASE (c’est le cas de le dire) pour avoir des plantes robustes, des récoltes abondantes et un beau jardin.

Voici trois règles d’or pour avoir un sol riche et sain.

Apporter et conserver la matière organique

Vous pouvez apporter de la matière organique pour enrichir et améliorer votre sol (compost, fumier). Par ailleurs, pensez à conserver la matière générée par votre jardin pour la recycler par la suite (feuilles, tiges taillées, plants secs). Lorsque vous retirez une plante morte ou en fin de culture, coupez la tige au ras du sol, sans l’arracher : les racines restées dans le sol vont se décomposer et améliorer la structure du sol.

Du fumier pour nourrir le sol
Le fumier permet d’améliorer rapidement la structure du sol grâce aux champignons et aux vers de terre qui participent à sa décomposition

Couvrir son sol

Un sol couvert est un sol protégé de l’érosion. Il conserve aussi un maximum d’humidité et favorise l’équilibre de la biodiversité. On utilise du paillage organique de préférence : paillis de chanvre ou miscanthus, foin, paille, tonte, BRF, broyât, aiguilles de pin, feuilles mortes…

Améliorer le sol grâce aux plantes

Certaines plantes sont fixatrices d’azote, ce qui encourage la croissance des plantes. Vous pouvez utiliser des plantes ornementales fixatrices d’azote comme le lupin, la glycine, l’eleagnus, le pois de senteur ou cultiver des engrais verts (sarrasin, lin, phacélie, pois fourrager, vesce, cameline, sainfoin, trèfle…)

Principe 2. Soigner ses plantes naturellement et créer un écosystème résilient dans son jardin

Exit les produits du commerce pour soigner le jardin (même bio). La nature sait prendre soin d’elle-même, et vous trouverez tout ce dont vous avez besoin directement dans votre jardin (ou celui de votre voisin).

Laisser faire les auxiliaires

La chaîne alimentaire, ça vous dit quelque chose ? Dans un écosystème équilibré, chaque être vivant a un prédateur. Les pucerons nourrissent les coccinelles, les syrphes, les chrysopes et bien d’autres insectes. Les chenilles nourrissent les mésanges (saviez-vous qu’un couple d’adultes peut apporter 1000 chenilles par jour à une nichée ?). Les limaces et les escargots sont mangés par les crapauds et les hérissons. Les moustiques sont mangés par les araignées et les chauve-souris. Les mulots sont chassés par les renards…

les syrphes sont des auxiliaires dans un jardin éco-responsable
Les syrphes, de petites mouches souvent confondues avec les guêpes, sont des pollinisateurs dont les larves mangent les pucerons

Nous sommes envahis par ces indésirables parce que nous avons détraqué l’écosystème naturel du jardin, à force de vouloir intervenir et tout contrôler. Vous voulez voir des coccinelles dans votre jardin ? Arrêtez de tuer les pucerons, et vous les verrez débarquer plus vite que prévu ! Apprenez aussi à reconnaître leurs œufs et leurs larves, qui sont souvent écrasés ou tués car beaucoup de jardinier.e.s ne savent pas ce que c’est…

Créer des potions naturelles

Pas besoin d’acheter des produits dans le commerce, les purins et autres solutions « bio » sont ultra faciles à réaliser (et permettent de gérer les « mauvaises herbes »). Voici quelques idées de purins et macérations à réaliser pour soigner votre jardin naturellement :

  • Macération de fleurs d’achillée millefeuille : stimule les défenses naturelles des plantes, renforce l’efficacité des préparations fongicides et insecticides ;
  • macération de tiges de capucine : fongicide ;
  • macération de bulbes d’oignons : fongicide et insecticide ;
  • macération de feuille d’ortie : insecticide (recommandé contre les pucerons et les acariens) ;
  • macération de feuilles de raifort : fongicide ;
  • macération de feuilles de rhubarbe : insecticide ;
  • macération de feuille de sauge sclarée : insecticide ;
  • purin d’absinthe (feuilles et fleurs) : insecticide contre les chenilles et pucerons ;
  • purin de bardane (feuilles et racines) : fongicide, fertilisant et stimulant ;
  • purin de consoude (feuilles, tiges et fleurs) : stimulant et fertilisant ;
  • purin de fougère aigle (feuilles) : insecticide contre les pucerons, engrais naturel ;
  • purin d’ortie (feuilles et tiges) : stimulant et fertilisant, riche en azote, encourage la reprise après le repiquage ;
  • purin de pissenlit (feuilles, fleurs, racines) : fongicide, stimulant pour les arbres fruitiers ;
  • purin de prêle (feuilles et tiges) : stimulant, fongicide, efficace contre la chlorose en fer ;
  • purin de sureau (feuilles) : stimulant, encourage la croissance des jeunes plantes.

Attention au dosage lorsque vous utilisez vos potions, vous trouverez facilement des recettes et leurs usages sur Internet. Personnellement, j’aime bien me référer au livre Je prépare mes potions pour le jardin qui rassemble toutes les recettes de préparations bio à base de plantes, adaptées à la démarche de l’éco-jardinage.

Rappelez vous aussi qu’un jardin en bonne santé, c’est un jardin avec des plantes adaptées et diversifiées. La diversité est la clé d’un jardin pérenne !

Principe 3. Faire du jardinage éco-responsable en sauvegardant les ressources naturelles

La première ressource mise à mal (gaspillée, n’ayons pas peur des mots) par le jardinage dit « classique » est l’eau, et plus particulièrement l’eau potable. Loin de moi l’idée de jeter la pierre à ceux qui arrosent à l’eau du robinet. Je l’ai fait et il m’arrive encore de le faire lorsque je n’ai plus le choix (pour sauver le potager de la sécheresse par exemple).

En revanche, il me semble qu’aujourd’hui plus que jamais nous devons repenser notre façon d’utiliser l’eau au jardin et essayer de l’économiser au maximum. Voici quelques pistes :

  • Installer un récupérateur d’eau de pluie ;
  • utiliser des poteries d’irrigation (appelées aussi oyas) ;
  • couvrir son sol ;
  • conserver l’eau usagée (eau de cuisson des œufs et légumes non salée et refroidie, eau de la douche le temps que ça chauffe, eau de rinçage des fruits et légumes) ;
  • pratiquer l’hydrazoning ou rassembler les plantes qui ont des besoins similaires en eau au même endroit ;
  • créer des zones d’ombre naturellement grâce à la végétation.

Économiser l'eau au jardin grâce aux oyas
Dans mon potager, j’aime utiliser les poteries d’irrigation pour arroser sans gaspiller l’eau !

Préserver l’eau est primordial, mais n’oublions pas également les ressources naturelles qui sont sollicitées pour fabriquer nos outils et matériaux de jardinage. La tourbe, véritable désastre écologique qui sert à fabriquer le terreau, le pétrole nécessaire à la fabrication des pots en plastiques… Même si on utilise d’autres matériaux pour les bacs, les plantes que nous achetons sont souvent conditionnées dans des petits pots en plastique, pensez alors à les réutiliser !

Quand c’est possible, je favorise les achats en seconde main ou le troc au lieu d’acheter du neuf, que ce soit pour le matériel mais aussi pour les plantes.

Faire ses propres semis pour diminuer l'impact environnemental de son activité de jardinière
Le saviez-vous ? Je cultive moi-même de nombreuses plantes pour mes clients, cela me permet de réduire considérablement l’impact environnemental de mon activité.

Principe 4. Préserver la qualité de l’eau et de l’air

Un autre principe du jardinage éco-responsable est la préservation de la qualité de l’eau et de l’air, et par extension, du sol ! Tous les produits que nous utilisons pour notre jardin terminent en particules fines dans l’air ou par ruissellement dans le sol ou l’eau.

Pour réduire son impact dans son jardin, on bannit les produits chimiques, et on fait attention à l’usage des produits ou matériaux organiques. Le fumier utilisé en trop grande quantité peut polluer les sols et les nappes phréatiques. Il paraît improbable que la quantité utilisée pour un jardin soit telle qu’elle pollue le sol, mais il est toujours bon à savoir qu’on ne doit pas abuser des bonnes choses !

Principe 5. Favoriser et protéger les espaces pour l’épanouissement de la biodiversité

Un jardin peut être un havre de paix pour la biodiversité ou un vrai désert en fonction de la façon dont vous l’entretenez et les actions que vous menez. Une pelouse tondue, une haie de thuyas et un rosier sont le combo parfait pour un jardin mort (= sans biodiversité).

Pour réellement aider les oiseaux, mammifères et insectes (dont le nombre est en chute libre), voici quelques idées d’éléments à mettre en place dans votre jardin :

  • Une haie sauvage diversifiée, avec des arbustes indigènes, offrira le gîte et le couvert aux oiseaux et aux pollinisateurs ;
  • une mare ou un point d’eau, même une large coupelle au sol, servira d’abreuvoir et de baignoire aux oiseaux ;
  • une zone de pelouse non tondue, ou encore mieux, une prairie fleurie, attirera de nombreux insectes au jardin ;
  • favorisez les plantes à fleurs simples, qui fourniront du nectar aux pollinisateurs.

Ayez conscience que votre choix de plantes peut permettre ou non d’aider la biodiversité à croître en ville. Certaines plantes sont utiles pour les animaux, d’autres non, faites les bons choix ! J’ai d’ailleurs rédigé un article qui pourrait vous aider à savoir comment favoriser la biodiversité en ville, n’hésitez pas à le consulter pour mettre en place d’autres bonnes actions. 🐝 

Principe 6. Faire du jardinage raisonné en apprenant à économiser et stocker l’énergie

On a évoqué l’idée de préserver les ressources naturelles, notamment l’eau, mais l’énergie doit aussi être utilisée à bon escient. Aujourd’hui, l’électrique est la réponse à tous les problèmes, et le fait qu’un appareil soit électrique justifie son utilisation régulière : « Tu passes encore la tondeuse ? » « Oui mais t’inquiètes, elle est électrique ! »

L’énergie utilisée est utilisée, électrique ou non. Dans une démarche écoresponsable, on économise l’énergie autant que possible :

  • En réduisant voire en bannissant l’usage des appareils électriques (faites la paix avec votre pelouse, un gazon tondu est un désert en termes de biodiversité, nous l’avons vu) ;
  • en privilégiant des engrais maison et organiques comme le bokashi ou le jus de compost, plutôt que les engrais chimiques (même bio) qui mobilisent beaucoup d’énergie pour être fabriqués.

En permaculture, on parle aussi de stocker l’énergie solaire grâce aux plantes. Comment ça marche ? Eh bien plus vous cultivez de plantes, plus votre sol est couvert et plus vous stockez l’énergie du soleil au lieu de la gaspiller. Énergie solaire que vous consommez lorsque vous mangez le fruit de vos récoltes ! C’est un concept qui peut paraître un peu farfelu mais lorsqu’on l’a compris, combler les espaces vides de son jardin devient une obsession !

Principe 7. Recycler la matière organique et créer un cercle vertueux

Enfin, pas de jardinage éco-responsable sans recyclage ! L’équilibre d’un écosystème se voit comme un cercle vertueux et la matière organique inutilisée ou morte (nos « déchets ») doit retourner à la terre pour boucler la boucle.

Vos déchets de cuisine deviennent du compost, vos feuilles et votre herbe tondue deviennent du paillage, vos branches coupées deviennent du broyât… Il n’y a pas de « déchets » dans un jardin, tout peut être recyclé, comme dans une forêt.

Un sol est vivant lorsqu'il grouille entre autres de vers de terre

Et cette matière organique recyclée vous permettra de créer du sol, l’entretenir et le protéger. Retour au premier principe, vous voyez l’idée ? 😉

Vous avez désormais toutes les cartes en main pour faire de votre jardin un véritable lieu où la biodiversité a toute sa place. Ne vous mettez pas la pression pour autant ! Faire du jardinage éco-responsable requiert d’adopter de nouveaux réflexes. Acceptez de changer certaines habitudes et allez-y pas à pas. Vous le verrez, la nature vous le rendra bien. 

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